Compte-rendu du 16 mai 2018

La valeur liquidative du portefeuille est de 97,2 k€, en hausse de 1,5 k€ sur 2 mois. Pas d’apport récent.

La plus-value est de l’ordre de 4,5 k€ depuis le début de l’année. Mais attention, Binck a ponctuellement mis à jour la valeur des obligations Sears sur l’interface et elles sont désormais valorisées à 33% du nominal, versus 94% il y a 2 mois (la vraie valeur est entre les deux), ce qui a entraîné une baisse de 2,6 k€ de leur valeur sur l’interface. Je n’ai pas accès à la valeur de l’obligation au jour le jour. En tenant compte de cela, la plus-value du CTO depuis le 1er janvier est donc plutôt de l’ordre de 7k€, soit une performance de l’ordre de +7,5% ytd.

Le pétrole

Je ne suis pas satisfait de ma performance ytd car j’ai raté un dossier qui me tenait à cœur : la remontée du pétrole. Dans le dernier compte-rendu, j’indiquais avoir vendu WPX Energy et dans le même temps rechercher un autre cheval dans l’upstream. Le 9 avril, j’avais passé un ordre à cours limite sur Enesco à 4,67 $ (pour environ 5 k$), l’ordre n’a pas été exécuté à 1 centime près. Je manquais de conviction, n’avais pas achevé l’analyse, et n’ai donc pas remonté l’ordre limite. Quelle erreur ! Le titre a pris 50% en 2 mois. Dans le même temps, WPX Energy, dont je me suis séparé, a pris 32%. Si j’avais gardé cette ligne 2 mois de plus (après 3 années de détention…), j’aurais gagné 5,7 k$.

Le timing n’a pas joué en ma faveur, je pensais disposer de quelques mois après la cession de WPX Energy pour retrouver un nouveau cheval (Ensco ?), malheureusement les investisseurs se sont précipités sur le secteur pétrolier juste après ma sortie transitoire de ce secteur. Peut-être, aurais-je dû attendre de trouver un nouveau cheval avant de vendre WPX Energy, afin de rester ferré au secteur. Néanmoins, WPX Energy me semblant sur-coté, je ne voulais pas rester dessus plus longtemps. L’avenir devrait conforter cette décision. Sauf très forte envolée du pétrole (au-dessus des 100 $), les maigres cash flow de WPX Energy finiront par lasser ses actionnaires, sans compter les échéances de dettes qui approchent.

Destination Maternity

J’ai soldé ma position dans Destination Maternity début avril, (vente à 2,65 $). Ce dossier se termine donc en moins-value. J’avais acheté le titre début mai 2017 (PRU 3,40 $) en pariant sur le rachat par Orchestra Prémaman. L’opération n’a pas eu lieu. Un détail que j’avais oublié : pendant le sell-off de cet été j’avais passé un ordre limite à 1,20 $ le 23 août 2017 pour doubler mon nombre de titres détenus. L’ordre n’a pas été exécuté (ça a dû se jouer de peu). Dommage.

À ce stade, je considère le titre DEST comme spéculatif. Le CA patine, l’EBITDA ne parvient pas à remonter alors que l’économie américaine enchaîne d’excellents trimestres. Les échéances de dettes n’arriveront pas avant 2-3 ans. De quoi voir venir pensez-vous ? Non. Si l’économie américaine achève son cycle économique fin 2018 ou en 2019, la situation deviendrait très délicate pour Destination Maternity (faillite, recapitalisation, etc).

Secteur auto (MGI Coutier, FCA, Vertu Motors)

J’avais renforcé ma position dans MGI Courtier début avril (163 titres avec un PRU de 30,35 €). Les résultats financiers de 2017, pourtant en ligne avec les attentes, ont déçu les investisseurs. Le titre a perdu ~5% depuis cet achat. Je trouve les multiples de valorisation attractif (PER, EV/EBIT). C’est un secteur cyclique (automobile) mais j’apprécie le fait que l’endettement du groupe soit très faible. La ligne MGIC représente ~10% du CTO. J’ai un objectif de cours de 35 €, tout à fait raisonnable si le secteur auto ne se retourne pas dans les prochains semestres. Vertu Motors a pris une dizaine de % en 2 mois. FCA a pris ~5%.

Flybe

Flybe est une de mes dernières acquisitions (rentré fin 2017, PRU de 0,34 livres). L’annonce d’un acquéreur potentiel avait fait bondir le titre à 0,48 livres en février. L’offre du prétendant a été déclinée par Flybe (jugée trop basse), le titre est alors retombé à 0,34 livres avant de remonter à 0,40 livres ces derniers jours (plus-value latente de 20%).

Samsung

Le titre oscille entre 1100 et 1200$ depuis quelques semaines. Plus-value latente de 10% sur les 2 renforcements du début de l’année.

Genworth Financial

Rien de nouveau. Il va falloir attendre le 1er juillet (si pas de nouveau report) pour avoir l’avis des autorités américaines sur le rachat par China Oceanwide. Après ma déconvenue dans le pétrole, ce serait une bonne nouvelle si ce deal pouvait évoluer favorablement en fin d’année.

Stratégie pour les mois qui viennent

J’ai 9,6 k€ de liquidité sur le CTO et bien davantage sur des livrets rapidement mobilisables. Seulement 65% de mes actifs sont investis en action. Je crains que les marchés aient mangé leur pain blanc. Dix années nous séparent de la dernière crise, on assiste désormais à la hausse du pétrole, et la FED va augmenter les taux. Dans le même temps, les actions me semblent chèrement valorisées, excepté le secteur auto (mais ultra-cyclique, donc risqué), signe avant coureur d’un retournement ? Je ne vois pas de catalyseur économique dans les mois à venir. Au contraire. Dans ces conditions, je préfère conserver de bonnes réserves de cash et pouvoir faire de bonnes affaires si les marchés corrigent.

Non pas qu’il n’y ait pas d’opportunités actuellement, mais je préfère adopter une position de vautour. Guetter les décotes franches plutôt que de me positionner sur des prix tout juste raisonnables. Voici pourquoi. Aujourd’hui, j’ai lu une analyse de L. Brands tout à fait convaincante, quoique un peu optimiste sur les projections de croissance et marges. Cette action n’est pas l’affaire du siècle mais les multiples de valorisation sont plutôt intéressants, le titre pourrait trouver sa place dans un portefeuille diversifié, et je pourrais proposer un objectif de revalorisation de 15-20%. Sauf que nous sommes en 2018, et qu’en cas de retournement de l’économie (crainte évoquée plus haut), il y davantage à perdre qu’à gagner. Ce raisonnement est applicable à certains de mes titres détenus en portefeuille. Mais je ne veux pas trop sortir des marchés maintenant, on ne sait jamais quand le cycle économique se termine. Je reste donc exposé aux actions pour 2/3 de mes actifs.

La politique de relance économique de Trump à contre temps du cycle économique me laisse perplexe. Repousser la prochaine crise pour mieux sauter dedans ?

Publicités

Compte-rendu du 18 mars 2018

Valorisation du CTO

Depuis le 1er janvier, le CTO a généré 3 k€ de plus-value et j’ai effectué un apport de 2 k€. La valeur liquidative est donc en hausse de 5 k€, elle s’établit désormais à 95,7 k€.

Achat d’actions

Actions Samsung

Au niveau des achats, j’ai renforcé la position Samsung, avec l’achat de 8 actions en 2 temps. J’ai réussi à passer des ordres dans les 2 derniers creux de ce début d’année :

  • Achat de 5 actions Samsung le 2 mars (PRU 1057,50 $).
  • Achat de 3 actions Samsung le 12 février (PRU 1057,00 $).

action_samsung_2018.png

Le cours est repris, je suis en plus-value latente de 12% sur ces derniers achats. Le groupe Samsung a affiché un résultat opérationnel de 53 T KRW en 2017 et les perspectives 2018 ne sont pas mauvaises. Avec une capitalisation de 330 T KRW et une trésorerie nette de dette de plus de 50 T KRW, Samsung me semble être une des grosses multinationales les plus cheap du moment.

Actions MGI Coutier

J’ai également un peu renforcé la position dans MGI Coutier avec l’achat de 33 titres le 23 février 2018 (PRU de 31,50 €). Un regain d’intérêt des investisseurs pour le secteur auto serait une bonne chose pour mon portefeuille, en sus de MGIC, les titres Vertu Motor et FIAT en profiteraient. Vertu Motors poursuit le programme de rachat d’action, etc. Les bénéfices s’accumulent. Les valorisations actuelles semblent indiquer que les investisseurs craignent un retournement du cycle auto (10 ans après la grande crise) mais il n’y a pas de signaux forts indiquant l’imminence d’un tel scénario. Prochain retournement de cycle vers 2020 sur fond d’envoler du cours du pétrole ? Nous verrons…

Vente d’actions

Actions WPX Energy

Dans le dernier reporting, j’ai opiné un objectif de cours neutre sur cette compagnie énergétique, j’ai finalement décidé de solder ma position WPX Energy (vente à 14 $). Les derniers résultats montrent des CapEx qui restent excessivement élevés, et malgré la remonte du cours du brut, je ne m’y retrouve pas en terme de risk/reward. Même en se basant sur un cours du brut soutenu en 2018-2020, les calculs prospectifs de EBIT/EV ne sont pas follement attractifs, ajoutons à cela un bilan relativement riche en dettes… Je pense que le cours du brut devrait être en hausse d’ici 2 ans, je ne suis malheureusement plus positionné sur le secteur pétrolier pour le moment. Je n’ai pas trouvé de compagnies bons marchés. J’ai regardé un peu l’offshore (Transocean, ENSCO, etc), et là encore, même si les capitalisations boursières décotent sur la valeur des actifs, je ne suis pas hyper emballé par les multiples de valorisation. Je ne sais plus qui disait que les actions sont trop chers 80% du temps mais j’ai ce sentiment au sujet du secteur énergétique.

Autres évènements

Orca Exploration – dividende

Orca Exploration a détaché un gros dividende, 0,60 CAD/action. (soit un dividende de 1500 CAD venu alimenter la trésorerie de mon CTO).

Flybe s’envole

Le titre Flybe a fortement bondi après l’annonce d’un acquéreur potentiel. Je suis en plus-value latente de 38% sur ce titre acquis récemment (rentré sur le titre fin octobre 2017).

Destination incertaine

Le titre Destination Maternity joue aux montagnes russes. 3,18 $ -> 1,98 $ -> 2,72 $. Pas de risque immédiat de faillite mais ce secteur est sous une pression continue depuis maintenant plusieurs années et rien ne semble laisser espérer une embellie à moyen terme. Ajoutons à cela un CA en érosion. Pas terrible… J’ai un objectif neutre sur le cours, le risk/reward n’est pas intéressant, mais j’espère profiter de la poursuite du momentum haussier pour sortir du titre sans perte.

Cash

À l’instar de la Berkshire Hathaway, je dispose d’une trésorerie très importante (niveau de liquidité à 32%). Une correction des marchés ne serait pas pour me déplaire.

Avenue Des Investisseurs – un side project

Je profite de cet article pour faire savoir que je suis le webmaster d’un site internet d’information sur les placements et l’épargne : Avenuedesinvestisseurs.fr. Ce site est destiné aux épargnants mainstream. Il n’est pas question d’orienter les gens vers du stock-picking exotique… Les investisseurs amateurs devraient s’orienter vers les trackers, privilégier le long-terme, et donc profiter des avantages fiscaux de l’AV et du PEA.

Avenue Des Investisseurs - Trackers Monde, Europe, USA, etc

Compte-rendu du 30 décembre 2017

C’est l’heure du traditionnel bilan annuel. Une date symbolique qui n’a de sens que pour nos amis de l’administration fiscale car l’investissement bousier ne se vit pas en cycle de 365 jours, l’investissement est une bataille au long cours. Une bataille contre l’inflation et contre les autres détenteurs de richesse. Car, si la richesse mondiale augmente sous l’effet conjugué de l’évolution des sciences, des techniques et de l’exploitation des ressources terrestres, cette richesse globale croît lentement à l’échelle de quelques années et ne profite pas à tous, ainsi donc, l’essentiel des fortunes rapides se font en dérobant autrui. Amazon tond les libraires et les centres commerciaux, Airbnb les hôteliers, Uber les taxis, Microsoft les secrétaires, l’avion le paquebot et le rail, l’email le courrier papier, la carte bancaire le chéquier, etc. Quant à Buffett, son talent est de miser sur les meilleurs tondeurs. La tonte est aussi une histoire de saison, on parle de cycle économique. Quand les derniers moutons ont été tondus, il est alors temps d’aller en quête de toisons mieux fournis dans d’autres secteurs économiques ou d’autres airs géographiques. Parfois, tous les moutons sont tondus (2008), il est alors sage de se retirer, et d’aiguiser les ciseaux en attendant la repousse de la laine.

mouton-tondu.jpg

En 2017, j’ai fait parti des tondus, le portefeuille affiche un TRI d’environ -7%. La valeur liquidative du portefeuille est de 90,6 k€ à ce jour contre ~84 k€ en début d’année (j’ai versé 12,5 k€ sur le CTO vers la fin de l’année).

Au premier trimestre 2017, j’ai perdu 8 k€ lors de la chute du titre Sears Holdings. J’ai soldé toutes les actions autour de 7-8 $ en février, une bonne initiative car le titre finit l’année à 3,6 $. J’ai également soldé une petite position dans SHOS. Dans la galaxie Sears, il ne me reste que des obligations (coupon 8%, échéance 2019). Fin janvier, j’ai également eu la bonne initiative de vendre IBM à 175$ (cours actuel de 154 $).

En début d’année, la valorisation des marchés me semblait (déjà) un peu trop optimiste et j’ai donc eu la volonté d’investir le cash de la vente de Sears dans un dossier qui ne corrèle pas trop avec les marchés : Genworth Financial. J’ai établi une généreuse position de 24 k€. J’ai un PRU de 3,7 $. Malgré l’amélioration des fondamentaux, le cours est en baisse tendancielle depuis 1 an (moins-value latente de 24%). Un fond chinois s’est porté acquéreur à 5,43 $ mais le deal prend du temps et l’issue est incertaine. Sur la base de mon PRU, en cas de rachat par le fond, la PV sera de 47%. Au cours actuel, la PV serait de 75%. Le dossier est plombé par l’activité d’assurance LTC (long term care). Les soins des malades coûtent plus cher qu’anticipé, les primes d’assurances et le rendement des actifs détenus ne couvrent pas les dépenses de santé des LTC, mais la hausse des taux en cours d’année améliore un peu le tableau. J’ai quelques inquiétudes sur l’immobilier canadien (concerne une des branches de Genworth). Les activités autres que le LTC sont rentables. L’entreprise devrait pouvoir honorer ses dettes à échéance 2018. Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce titre mais en deux mots, je pense qu’il y a une décote et que le dossier est asymétrique : gain important si vente au fond chinois, et perte faible si le deal ne passe pas.

En parlant de deal, celui de Destination Maternity a échoué. J’ai un PRU de 3,4$, je suis en perte de 20%. Le titre cote actuellement 3 $ après être descendu à 1 $ cet été suite à l’annonce de l’abandon du rachat par Orchestra. Quel dommage de ne pas avoir alourdi la position pendant le sell-off estival. J’ai actuellement une opinion neutre sur l’évolution du titre, je conserve la position pour l’instant car il semble y avoir une dynamique haussière et les ventes en ligne sont bonnes (sans cet élément, je serais vendeur). Wait & see.

Les bons dossiers de l’année sont Samsung et Fiat, +60% et +66%. Il y a encore un peu de marge de progression sur ces deux titres. Samsung a récemment corrigé car des analystes ont indiqué que les bénéfices n’augmenteraient pas en 2018. Au cours actuel, les bénéfices n’ont pas besoin d’augmenter pour faire de Samsung une entreprise encore modestement valorisée par rapport à ses pairs.

WPX a commencé l’année à 14 $ et la termine au même point après un passage sous les 10 $, j’avais opportunément renforcé avec le peu de cash disponible à ce moment (achat de 67 titres à 9,97 $ en août). Le résultat opérationnel reste très faiblard au regard de la capitalisation (on est tout juste au break-even). L’entreprise est à peine rentable mais le volume de brut extrait est en forte progression et je me couvre en cas de tension sur les prix du brut d’ici 2020.

Orca Exploration a commencé l’année à 3,85 CAD et la termine à 5 CAD. Bien. Encore du potentiel.

Les lignes initiées dans le courant de l’année n’ont pas beaucoup évolué. Vertu Motors, Flybe Group, MGI Coutier. 3 lignes proches du PRU.

Objectif sur les cours actuels :
Genworth +50-75%
WPX objectif neutre (couverture sur le brut)
Samsung +15-20%
Fiat Chrysler +15-20%
Orca Exploration +20-40%
Vertu Motors +10-15%
Flybe Group +30-50%
Destination Maternity objectif neutre (attentiste)

Au-delà des objectifs de cours se pose la question des arbitrages. Comme beaucoup d’investisseurs, je trouve que les marchés sont chers. Je ne vois pas de dossier « facile » et emballant en ce moment.

Ci-dessous la composition du portefeuille.
9 actions et 1 obligation. Je suis liquide à 30% en comptant le cash disponible sous 6 mois (dont 80% est disponible immédiatement).

Capture d’écran 2017-12-30 à 20.11.07.png

Je n’ai pas profité de la hausse générale des marchés en 2017. Il faut noter que je suis positionné sur des situations spéciales ou des secteurs qui corrèlent peu avec les indices (Genworth, WPX Energy, Orca Exploration, Flybe). Espérons que ce portefeuille porte ses fruits en 2018.

Je souhaite une année financière 2018 prospère aux lecteurs.
L’anniversaire de Charlie Munger est le 1er janvier. 94 ans ! Puissions-nous aussi jouir d’une vie financière aussi longue et prospère.

Compte-rendu du 1 novembre 2017

La valeur liquidative du CTO est de 90,7 k€. Ce chiffre est en progression de 17,4 k€ depuis le 2 juillet,  cette variation s’explique par un apport de 12,5 k€ et une progression de la valeur des titres de 4,9 k€.

La principale position du portefeuille est Genworth Financial. Le cours du titre oscille entre 3,30$ et 4,15$ depuis le début de l’année, au gré des résultats (plutôt bons) et des annonces sur l’avancement du rachat par China’s Oceanwide Holdings. En ce moment, le titre cote à 3,30$, je suis en moins-value latente de 17% (soit 4,1 k€). Dans ces conditions, il est difficile pour le portefeuille d’afficher une belle performance. Le prix de rachat a été fixé à 5,43$ par action, si le dossier aboutit, le portefeuille s’appréciera de près de 15 k$. Si le dossier n’aboutit pas, je n’entrevois pas de baisse importante, au contraire, l’annonce du rachat a cappé à la hausse la progression du titre sur les derniers trimestres. Psychologiquement, les investisseurs ne valorisent plus le titre pour ses qualités intrinsèques mais voient l’upside limité par l’offre de rachat. Il eut été plus rentable d’équilibrer la taille des lignes Genworth, Samsung et Fiat Chrysler plutôt que d’hypertrophier la première, les deux dernières ayant progressé davantage depuis le début de l’année (+58 et +75%) que le retour maximum espéré sur Genworth Financial au début de l’année (+43%).

Samsung et Fiat ont poursuivi leur belle progression (+118% et +178% sur le PRU). Les résultats de Samsung sont excellents (entreprise la plus rentable au monde, passant devant Apple ces derniers mois) et le titre semble toujours avoir du retard sur ces excellents chiffres. Je n’ai pas encore de raison de vendre, les multiples de valorisation sont toujours raisonnables, bien que moins criant qu’avant. Fiat a très bien redressé son EBITDA mais je note quand même qu’il y a beaucoup de CapEx. Temporaire dirons certains mais je crains que ce soit constant dans ce secteur très concurrentiel. Ajoutons à cela des dettes importantes à rembourser, ainsi l’actionnaire n’est que le troisième servi. Le bénéfice net de Fiat est une mesure sur-estimée de l’argent réellement gagné au profit des actionnaires en raison des efforts de CapEx continue pour rester dans la course (cette fourberie du bénéfice net se retrouve aussi dans d’autres secteurs). Aussi, j’ai toujours la crainte d’une fin de cycle pour l’automobile. Cependant, l’action et les métriques de l’entreprise sont sur un bel élan de progression, je conserve donc le titre pour le moment.

Sur fond de hausse du pétrole, le cours de WPX a correctement progressé sur les derniers mois mais reste en baisse de 13% depuis le début de l’année. J’ai récemment revu attentivement les résultats et je trouve que le chiffre d’affaire n’est pas terrible eu égard la valeur des actifs (celle affichée dans le bilan…), j’espère que la forte croissance des volumes de pétrole extrait se poursuive à un rythme soutenu. Les résultats opérationnels sont également décevants, dotant plus que le Bassin permien dans lequel opère WPX est connu pour son break-even plus bas qu’ailleurs aux USA. Notons de grosses positions hedge sécurisantes sur le prix du baril mais aussi beaucoup de dettes. Je suis mi-figue mi-raisin sur le dossier. J’attends les prochains résultats avec impatience et n’exclut pas d’arbitrer vers une compagnie pétrolière présentant de meilleurs métriques si les résultats me déçoivent.

Le titre Vertu Motors connaît une volatilité assez faible, je suis actuellement proche de mon PRU (-5% en fait en raison de l’évolution des taux de change). Le titre est coté à un multiple de son bénéfice net très faible (~7), et l’entreprise rachète actuellement ses actions en bourse, ce qui est très bonne allocation du capital selon moi. La seule ombre au tableau est la chute des ventes de voitures neuves au UK depuis quelques mois (www.smmt.co.uk/), mais une partie du CA et des résultats proviennent des services après-vente et du marché de l’occasion, donc la décote du titre semble excessive. J’avais l’intention d’en acheter vers les 0,425 GBP récemment mais je n’ai pas trouver le temps de passer un ordre, le titre a déjà repris 6%.

Le pari sur le rachat de Destination Maternity par Orchestra s’est avéré perdant, avec une moins-value latente de 36% (2,3k€). Je n’ai pas d’opinion tranchée sur le titre, le ratio capitalisation/chiffre d’affaire apparaît très déprécié mais ce chiffre n’en fait pas en soi un titre intéressant, au mieux un beau levier si les marges remontent. Une information plus intéressante est la très bonne progression des ventes en ligne sur les derniers mois. Je vais donc attendre les prochains résultats avant éventuellement d’arbitrer la ligne. Je ne valorise pas l’entreprise davantage que mon PRU (et même plutôt moins), c’était donc dangereux de parier sur une « non-baisse » du cours en cas de non-rachat par Orchestra. Les mauvais résultats arrivés entre-temps ont fait le reste.

J’ai initié une nouvelle ligne : Flybe Group. La capitalisation (75M GBP) décote de 50% sur les actifs nets de dette (150M GBP) et malgré cela, la compagnie devrait être profitable cette année, un profit pré-taxes de 5 à 10M GBP est attendu pour le premier semestre de l’exercice en cours. L’entreprise rationalise son business pour améliorer ses profits (ajustement de la flotte d’avion et des lignes desservies). À très cours terme (1 mois), il s’agit de la ligne avec le potentiel d’upside le plus important, on peut espérer un retour rapide du cours de l’action au-dessus de 40 GBP (ce qui donnerait +16% sur mon PRU), je me demande déjà pourquoi n’avoir pas ouvert une ligne un peu plus grosse, quitte à alléger dès 40 GBP. (les regrets au prochain compte-rendu ?!)

Puisque l’on parle de regrets, il y a deux mois, je m’étonnais de voir la capitalisation de Cellectis valoriser sa branche biomédicale proche de zéro alors que la technologie est tout à fait prometteuse. J’osais alors le mot de no-brainer qui me fût reproché par certains. Le titre cotait alors autour de 20,5 euros et il s’établit désormais à 29 euros. Une belle hausse de 41% dont je n’ai dogmatiquement pas profité pour deux raisons : il s’agit d’une biotech. et je n’ai pas réussi « psychologiquement » à arbitrer de bonnes lignes pour une meilleure. Il n’est pas à exclure une hausse vers les 40 euros ou davantage mais on ne parle plus de no-brainer au cours actuel, je reste donc à l’écart du titre.

Les marchés sont jugés comme haut, les multiples de valorisation apparaissent moins intéressants qu’avant. Une correction des marchés, ne serait-ce que modérée, n’est jamais à exclure, ce qui ne serait pas pour me déranger car je dispose d’importantes réserves de cash pour les mois à venir comme le montre le graphique ci-dessous. Sans mouvement ni évolution notable du CTO, je serai liquide à 29% d’ici 6 mois. Avec une sortie par le haut du dossier Genworth Financial, je serais même liquide à 50% ! (~70k€ à investir).

nov2017.png

Compte-rendu du 2 juillet 2017

La valeur liquidative du portefeuille est de 73,3 k€, en perte d’un peu plus de 3,6 k€ depuis le 2 juin 2017, soit une chute d’environ 4,5%.

L’événement notable depuis un mois est la chute de DEST en raison des mauvais résultats de Orchestra Prémaman (KAZI). À court terme j’ai un avis neutre sur la valorisation de KAZI, en revanche, je pense que la fusion devrait aboutir et ainsi refermer l’écart avec le prix de l’action KAZI (upside de 30% au cours actuel).

Il y a un mois, j’annonçais mon pessimisme sur le secteur pétrolier, depuis, le cours de WPX a chuté d’environ 10%. Je conserve le titre car j’aime être couvert contre le risque de remontée du prix du baril, même si je ne l’anticipe pas prochainement. Les autres titres du portefeuille sont stables.

Compte-rendu du 2 juin 2017

Au cours du mois dernier :
– achat de 9600 actions Vertu Motors avec un PRU de 46,7 pence. Dette insignifiante, P/E très bas. Historique de croissance convaincant. (cf le dossier sur devenir-rentier).
– vente des titres SHOS.
– vente des titre Sears Canada.

La valeur liquidative du portefeuille est de 76,9k€. C’est une performance non acceptable. En prenant un peu de recul, la performance de mes placements est très mauvaise depuis 2014. Tandis qu’entre 2008 et 2014, mes investissements ont rapporté plus de 15% annuel en moyenne (essentiellement investi dans le PEA), la performance des 3 dernières années est catastrophique. Cette performance est d’autant plus mauvaise que les marchés ont bien progressé dans le même temps. Alors que s’est-il passé ?
Mi-2014, j’ai investi 15k€ sur Sears. Dans les mois qui ont suivi, j’ai alourdi cette position (25k€) et je suis entré sur WPX, Orca Exploration, et IBM. Début 2015, le portefeuille était composé des titres suivants :
IBM 14500€
Samsung 6500€
Sears Canada 3300€
Sears Holdings 33400€
Warrant Sears Holdings 4000€
Orca Exploration 5500€
WPX 8200€
Obligation Sears (coupon 8%) 4700€
Liquidité 11000€

Le CTO était alors valorisé 91 k€. À ce moment là, les positions du portefeuille étaient pleinement calquées sur les propositions de l’Investisseur Français, hormis Samsung. Les analyses et les réflexions de l’IF semblaient convaincantes, l’historique boursier de Serge B. était rassurant. Ce n’était pas mon univers d’investissement mais l’émulation autour de la fine équipe IF et la compagnie du duo de choc Lampert/Berkowitz a fini de me convaincre.

Au cours des 2 années qui ont suivis, j’ai encore renforcé Sears au cours de sa chute (40k€ investi au total). Aujourd’hui, je suis sorti complètement sorti de la galaxie Sears. Il ne me reste que les obligations. J’ai l’intention de les vendre.

Le bilan :
Sears (PRU de 28$) revendu à -75%
SHOS revendu à -70%
Sears Canada revendu à -90%
Warrant Sears vendu une bouchée de pain
WPX flat (latent)
IBM ~+20%
Orca Exploration +20% (latent)
Samsung +80% (latent), le cours a dépassé les 2000 USD à la bourse de Séoul

Bilan : J’ai fait l’erreur de suivre des dossiers sur lesquels je ne serais pas parti seul, le fameux « chacun doit faire ses devoirs »… Une deuxième erreur est de ne pas avoir su couper les positions alors que les métriques se dégradaient à vue d’œil.

Cette mauvaise passe est d’autant plus terrible que j’avais bien identifié dès 2015 les opportunités que représentaient Guillin, bonduelle, Compagnie des Alpes, ou encore Michelin pour n’en citer que quelqu’unes.

Mes derniers achats collent avec mon univers d’investissement. Je n’investis plus dans des sociétés qui perdent beaucoup d’argent car je n’ai pas les aptitudes pour anticiper les retournements de tendance.
Voici mon état d’esprit pour les prochains mois :
– Je fais le pari que le rachat de Genworth Financial sera conclu. Si c’est le cas, gain de +50%. Dans le cas contraire, pas de raison de voir le titre s’effondrer plus bas que le cours pré-annonce du rachat (les métriques se sont même améliorés).
– Je mise également sur le rachat de Destination Maternity par Orchestra. Le gap sur le prix du deal (1 DEST = 0,515 KAZI) devrait se refermer (+30%) et dans le même temps, on peut imaginer que Orchestra revienne vers les 13-15€, le titre me semble décoté (+30%).
– Fiat : le redressement se poursuit. Je m’attends à une appréciation du titre de 30/50% d’ici 12/24 mois.
– Samsung : les multiples de valorisation me semblent encore modestes.
– Vertu Motors : P/E très bas, pas de dette. Je m’attends à une revalorisation de 30% du titre.

Deux dossiers (IF) où je suis plus sceptique :
Orca Exploration
On a près de 70m$ d’impayés de la part de Tanesco. Combien de temps va-t-on attendre pour les récupérer ? Est-ce que l’on sera bien payé un jour ? Est-ce que je ne devrais pas céder mes titres et aller sur des titres avec un meilleur momentum ? C’est très frustrant de se dire que le dossier peut évoluer favorablement à tout moment et qu’il serait dommage de sortir après plus de 2 années d’attente. Par ailleurs, les bénéfices des derniers résultats trimestriels sont correctes, alors pourquoi ne pas simplement attendre, en se réjouissant d’être propriétaire d’une boîte bien gérée ?

WPX
Je m’attendais à une remontée rapide du pétrole (par rapide, j’entends une durée de 2 à 3 ans). Hors, il se trouve que le monde déborde de pétrole et que la croissance mondiale n’est pas assez forte pour tout absorber. L’excès d’offre est de près de 3-5%. Pire encore, les américains se montrent très prompt à relancer les pompes à peine rentable à la moindre embellie. Il va falloir plusieurs années de croissance mondiale pour revoir des tensions apparaitre sur le pétrole sauf si :
– une crise géopolitique éclate (retour rapide des tensions),
– la croissance asiatique/mondiale s’essouffle,
– une crise économique éclate,
– un programme de transition énergétique ambitieux dévalorise pour toujours la valeur de l’or noir (peu probable en l’état actuel des techniques).

Finalement, rien ne promet que le pétrole monte à 60-80$ dans les années qui viennent. On peut très bien rester avec un pétrole à 45-50$ (ou moins) pendant longtemps. Ennuyeux…

La ligne WPX est flat. Plus de 2 ans de perdu. Que faire ? Je pourrais oublier la ligne dans un coin, cette entreprise est une belle option en cas de remontée insoupçonnée du pétrole mais en l’état actuel, je n’attends rien de ce secteur pour 2017. Ne devrais-je pas arbitrer pour des dossiers avec un meilleur momentum ? J’ai envie de le croire mais je ne me résigne pourtant pas à arbitrer. Est-ce que je ne serais pas trop attaché à mes actions ? C’est possible et c’est une erreur. En même temps, c’est parfois quand on attend le moins d’un secteur qu’il surprend. Je pense conserver la ligne pour l’instant.

Dans les prochains mois, je vais essayer d’être davantage actif et opportuniste : ne pas hésiter à arbitrer rapidement si des occasions se présentent. C’est dans cet esprit que j’ai profité de la courte fenêtre de tir pour acheter DEST sous les 3,50$ il y a un mois. J’étais plutôt de l’école des patients mais force est de constater que Simouss, Jean-Marc et Footeure ont d’excellents résultats avec des stratégies basées sur des arbitrages réguliers vers les titres avec le meilleur « rendement locatif ». Je vais essayer de m’en inspirer.